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L'affaire Flactif

C'est le BLUESTAR® FORENSIC qui a permis de résoudre l'affaire du quintuple meurtre du Grand-Bornand. On se souvient que la famille Flactif avait mystérieusement disparu de son chalet. Ci-dessous deux vidéos extraites des émissions "Faites entrer l'accusé" et "Secrets d'actualité", ainsi qu'une revue de presse relatant les progrès de l'enquête, notamment l'interview par le Figaro Magazine du morpho-analyste Philippe Esperança ayant procédé à l'expertise des traces de sang au chalet des Flactif.

Extrait de l'émission "Secrets d'actualité"

Extraits de l'émission "Faites entrer l’accusé" du 14.10.08 sur France 2.


La science contre-enquête : les secrets des vrais experts

RÉALISÉ PAR DOMINIQUE RIZET – Le Figaro Magazine 15/10/2007

Philippe Esperança, morpho-analyste
Le sang à la trace

«Espé» est le spécialiste français de la révélation et de l'analyse des taches de sang. A l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, où il est affecté au département ATO (anthropologie, thanatologie, odontologie), le chef Philippe Esperança, 38 ans, est l'expert qui a découvert la terrible vérité à l'intérieur du chalet du Grand-Bornand (Haute-Savoie) après le massacre, en avril 2003, des cinq membres de la famille Flactif (Xavier, promoteur immobilier de 41 ans, sa compagne Graziella Ortolano, 36 ans, et leurs trois enfants, âgés de 6 à 10 ans). Une affaire pour laquelle David Hotyat a été condamné le 30 juin dernier par la cour d'assises de Haute-Savoie à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans (David Hotyat a fait appel de cette condamnation).

Convoqué à la barre pour commenter ses expertises, Philippe Esperança a raconté aux assises comment les premiers experts de l'IRCGN, arrivés dans le chalet après la disparition jusqu'alors inexpliquée des Flactif, l'avaient fait appeler parce qu'ils soupçonnaient qu'«un nettoyage des lieux avait été opéré».

«A mon arrivée, dit-il, le chalet était parfaitement rangé et propre. Après que mes collègues eurent procédé à toutes les autres constatations (empreintes digitales, traces de pas, prélèvements de particules), nous avons employé le Blue Star. Dans une pièce plongée dans la pénombre, ce produit luminescent fait réagir en bleu les traces de sang, même si elles ont été lavées soigneusement.»

«Il ne m'a pas fallu longtemps, poursuit Philippe Esperança, pour avoir la certitude que le petit salon du chalet avait fait l'objet d'un nettoyage. Grâce au produit que nous avions pulvérisé, je voyais nettement les traces de sang laissées sur le sol par une éponge d'une quinzaine de centimètres de largeur.»

Quelques semaines plus tard, à la demande du magistrat désigné pour instruire l'affaire, le chef Esperança est de retour dans le chalet du Grand-Bornand. Sa mission : révéler les traces dans toutes les pièces et procéder à leur analyse morphologique. «Au deuxième niveau de la maison, appelé ''le gîte'', explique le gendarme, j'ai trouvé des traces de sang provenant d'une personne victime d'un coup à une hauteur inférieure au mètre. Les analyses ADN ont démontré qu'il s'agissait de Mme Ortolano. Au sol, le Blue Star mettait en évidence un nettoyage important du palier et un cheminement des traces de sang qui allait du palier à la buanderie. Dans l'escalier menant au troisième niveau, on voyait nettement, après utilisation du produit, la manipulation et la dépose de corps à cet endroit compte tenu de la quantité très importante de sang qui avait été répandue ici.»

«Au niveau trois, poursuit-il, nous avons découvert plusieurs sites de nettoyage dans le petit salon, la cuisine et la grande salle, ainsi que des actes de violence commis, pour le premier, dans le petit salon avec une arme à feu et dont l'ADN dira que c'était Xavier Flactif. Dans la cuisine et son voisinage, nous avons mis en évidence des violences commises par un coup (une première zone de sang révélée entre la table de la cuisine et le mur, et une autre entre la table de la cuisine et la table de la salle). Ces deux zones de sang correspondaient à l'ADN de l'une des deux filles du couple.»

Au dernier étage du chalet, les chambres : «Il y avait, dans celle de Sarah, une des filles des Flactif, des traces - nettoyées et révélées par le Blue Star - de projection de sang sur les murs indiquant qu'un coup avait été porté toujours à une hauteur inférieure au mètre. L'ADN était celui de l'une des deux fillettes.»

Lors du procès des auteurs et complices de ce carnage, Philippe Esperança a été longuement questionné par le président des assises sur la version des faits donnée par David Hotyat, qui expliquait que deux mystérieux individus l'avaient frappé à l'intérieur du chalet et qu'il s'était évanoui. «Hotyat prétend avoir reçu un coup à la main et un autre à la nuque, puis avoir perdu connaissance dans la cuisine, explique le gendarme. Or, pour moi, cette version est inexacte puisque nous n'avons pas retrouvé une seule goutte de son sang à cet endroit précis. Mieux encore : il prétend s'être évanoui et être resté au sol inerte, exactement là où nous savons que Sarah a été victime d'un coup. Ceci est totalement incompatible : lui au sol et elle sur lui.»

Les avocats de David Hotyat ont répondu à ces observations en tentant de discréditer l'activité de Philippe Esperança au motif que son domaine scientifique... ne fait pas partie des listes d'activités expertales.

http://www.lefigaro.fr/magazine/20060721.MAG000000289_les_secrets_
des_vrais_experts.html 07/12/2007


Sur une scène de crime, il fait parler les taches de sang 

OUEST FRANCE - lundi 10 décembre 2007

Rosny-sous-Bois
De notre envoyé spécial

« En pénétrant chez les Flactif, j'ai immédiatement constaté les traces de coups d'éponge dans le petit salon et suspecté un nettoyage intégral du chalet. » L'adjudant Philippe Esperança, 39 ans, n'oubliera jamais ce 18 avril 2003. Spécialiste français de la morpho-analyse des taches de sang, il a dû attendre son tour pour passer la maison au peigne fin : « Nous n'intervenons que lorsque toutes les autres constatations sont terminées. »

Le Bluestar, star mondiale

Le résultat en valait la peine. « Comme sur chaque scène de crime, j'ai pulvérisé notre produit habituel, le Bluestar. Sa grande qualité, c'est qu'il laisse intactes les empreintes ADN, explique Philippe Esperança. Autre avantage, il permet de travailler dans la pénombre alors qu'auparavant, il nous fallait le noir absolu. En trois jours dans le chalet, l'analyse des quelques traces de sang visibles et l'utilisation de ce produit chimique ont mis en évidence cinq sites de saignement - autant que de victimes - et un site de stockage. » L'hypothèse d'un quintuple meurtre sur place se dessinait. « À partir de ce moment-là, mes collègues gendarmes ont cessé de chercher la famille Flactif ailleurs qu'au Grand-Bornand. »

Les analyses ADN démontreront que, parmi ces taches de sang, parfois minuscules, il y avait celui des cinq membres de la famille Flactif. Mais aussi des traces laissées par des employés ou des visiteurs du chalet ces dernières années. Plus deux ADN inconnus. L'un était celui de David Hotyat.

Depuis qu'il a contribué à résoudre le mystère du Grand-Bornand, Philippe Esperança donne des conférences dans le monde entier et travaille avec les Américains du FBI. Entomologiste de formation (étude des insectes), il était naturaliste au Jardin des plantes avant de devenir gendarme. Formé durant trois ans au Canada, il a créé le service de morpho-analyse des traces de sang, à l'IRCGN (1) de Rosny-sous-Bois, en 1999. Et comme les produits chimiques antérieurs ne lui convenaient pas, il a lui-même mis au point le Bluestar. « Ce produit a fait le tour du monde en un an. Il est tellement puissant qu'on a identifié de l'ADN sur des vêtements lavés à la machine et dans une cuisine nettoyée à haute pression. » La plus vieille trace de sang retrouvée en France, dans une affaire criminelle, remonte à 17 ans.

Une centaine d'affaires par an

Philippe Esperança peut vous faire un cours sur la différence entre la forme des traces de sang dégradées (lorsqu'une main les a changées d'endroit) ; les traces de sang passives, dues à la pesanteur et les traces de sang projetées, lorsqu'une force - celle de l'agresseur - s'ajoute à la pesanteur. « Comme le sang gicle assez loin, ces analyses peuvent nous permettre de calculer la trajectoire du coup porté, la position de la victime ou de l'agresseur, la nature de l'arme employée, la distinction entre un coup et un choc, etc. » Lors d'un suicide dans un champ de maïs, près de Toulouse, les spécialistes avaient retrouvé des gouttes de sang véhiculées par des insectes.

La semaine où nous l'avons rencontré, Philippe Esparança avait à son agenda trois reconstitutions de crime, dont une en Guadeloupe et deux témoignages en cour d'assises. « Nos collègues gendarmes, voire les juges d'instruction directement, nous appellent sur une centaine d'affaires par an. » Mais les gendarmes ne sont pas là « que » pour servir l'accusation. L'adjudant Esperança se souvient d'avoir conclu à l'accident d'un ivrogne mort en tombant sur une bouteille de champagne. En mars 2005, devant les assises de Nantes, son expertise a aussi contribué à faire acquitter Joaquim, jeune homme accusé du meurtre d'un ami. « Pour nous, il s'agissait d'un suicide. »

Michel TANNEAU.

(1) Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.


Jalousie – RTL – 16/09/2003

Le scénario de ce qui s'est passé le 11 avril au chalet des Flactif est en train de se confirmer, écrit par les enquêteurs selon les aveux du suspect n°1, locataire insatisfait, ballotté de logement en logement par son bailleur. Bien décidé, son scénario en place, David Hotyat rentre seul dans le chalet entre 18h30 et 21h dans la cuisine où se trouvent Xavier Flactif et deux de ses enfants. Il tire avec son revolver 6.35. La mère entend les coups de feu, elle est abattue alors qu'elle monte les escaliers. Il abat le dernier enfant à l'étage dans sa chambre, aurait-il raconté lors de son audition, c'est la que les enquêteurs retrouvent le plus d'indices: sang, morceaux de dents, et une douille du revolver. C'est sur cet ordre des victimes que David Hotyat se contredit, laissant envisager qu'il y a encore des zones d'ombre. Il a expliqué avoir ensuite brûlé les corps de Xavier Flactif, de son épouse et de leurs enfants dans une forêt de la région, après les avoir chargés dans un véhicule et conduits à 10 km de là. Il revient ensuite au Grand Bornand, l'air de rien, en inventant une histoire pour expliquer leur disparition.

Comment David Hotyat a été identifié

L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale avait affaire à des traces de sang dans le chalet vide des Flactif, des traces de sang qui avaient été lessivées, effacées. Malgré tout, les scientifiques de la gendarmerie ont d'abord réussi à identifier l'origine de ce sang, il appartenait aux cinq membres de la famille Flactif, puis ensuite, des analyses très poussées ont permis d'établir que le sang de plusieurs des membres de la famille était mélangé avec un autre sang, une autre trace génétique, c'est cette trace génétique, cet ADN appartient à David Hotyat.

C'est parce que cet ADN a été retrouvé mélangé au sang de plusieurs des victimes que les gendarmes, avant l'arrestation, avaient déjà la conviction que le propriétaire de cette trace génétique était le meurtrier. C'est grâce à cet ADN que les gendarmes ont pu remonter le fil. Depuis le mois de mai en effet, les gendarmes ont prélevé l'ADN de 130 personnes, des relations commerciales, des artisans, et des proches des Flactif. C'est de cette manière que les enquêteurs ont pu cibler le principal suspect.


France Info – 17/09/03

David Hotyat a été confondu par les prélèvements ADN effectués sur près de 130 personnes qui avaient des relations avec Xavier Flactif et sa famille, ou vivant dans la région. L'empreinte génétique de David Hotyat correspondait au mystérieux sixième ADN retrouvé dans le chalet aux côtés des empreintes des cinq membres de la famille. Le promoteur immobilier, sa femme, Graziella Ortolano, et leurs trois enfants ont été vus pour la dernière fois le 11 avril en fin d'après-midi. Les investigations ont permis de découvrir dans leur chalet de multiples traces de sang appartenant aux membres de la famille, une douille et des éclats de dents. Du sang appartenant également aux disparus a été découvert dans le véhicule de Xavier Flactif retrouvé le 13 mai, abandonné à proximité de l'aéroport de Genève-Cointrin, du côté suisse.

Selon Alexandra Lefèvre, Hotyat lui a rapporté avoir d'abord abattu deux enfants, seuls au chalet, puis leur mère, le dernier enfant et enfin le père. Alors qu'il nettoyait les traces de sang, une torche électrique dans la bouche, Hotyat, pris de nausées, a été dérangé par l'appel d'un locataire de Flactif puis l'arrivée d'un livreur de pizzas...